Voici le chiffre, avant toute explication.

Le CH a… Matchs Victoires Taux
tiré moins que l'adversaire 44 28 64 %
tiré plus 34 17 50 %
tiré autant 4 3 75 %

En 2025-26, le Canadien a gagné plus souvent quand il tirait moins. L'écart est de 14 points de pourcentage, sur un échantillon de 82 matchs.

Sur l'ensemble de la saison, il a tiré 26 fois par match et en a accordé 28. Il a fini avec 106 points, le cinquième total de la ligue.

Non, tirer moins ne fait pas gagner

C'est la lecture facile, et elle est fausse.

L'explication la plus probable tient en une phrase : une équipe qui mène se fait tirer dessus. Elle protège son avance, elle laisse l'adversaire venir, elle joue dans sa zone. Les tirs s'accumulent contre elle parce qu'elle gagne, pas l'inverse.

Le tableau ci-dessus ne mesure donc pas une cause. Il mesure une conséquence, prise pour une cause si on le lit trop vite.

Ce qu'il mesure vraiment

Deux choses, plus intéressantes que la première lecture.

Le Canadien a mené souvent. Il a été dominé aux tirs dans 44 matchs, plus de la moitié de la saison. Une équipe qui subit sans jamais mener ne gagne pas 64 % de ces matchs-là.

Le gardien a tenu. Jakub Dobes a gagné 29 de ses 43 départs. Jacob Fowler a affiché ,909 en 17 matchs. Quand on encaisse 28 tirs par match et qu'on finit à 106 points, le filet fait partie de l'explication.

La limite du chiffre

Un tir au but compte, qu'il vienne de la ligne bleue ou de l'enclave. Le décompte brut ne dit rien de la qualité des chances.

C'est sa faiblesse, et il faut la nommer : deux équipes à 27 tirs n'ont pas forcément joué le même match. Les mesures qui corrigent ça sont la qualité de chance et les buts attendus.

Ce qui reste vrai malgré la limite : sur 82 matchs, le nombre de tirs du Canadien n'a pas prédit ses résultats. Ni dans un sens, ni dans l'autre.